Les métaux

Il existe plusieurs types de métaux, présents en tant que polluants de l’air sous la forme de particules métalliques, et notamment l’arsenic (As), le cadmium (Cd), le nickel (Ni), le plomb (Pb) et le mercure (Hg).
Le plomb est mesuré et réglementé de longue date. Les autres métaux lourds (arsenic, cadmium, nickel) sont réglementés depuis 2004 (directive HAP-métaux). Concernant le mercure, aucune valeur réglementaire n’est précisée. Ce dernier peut être présent dans l‘air sous forme particulaire et gazeuse. 

Quels effets sur la santé et l'environnement ?
Les métaux s’accumulent dans l’organisme. À plus ou moins long terme, et pour des expositions chroniques, les métaux lourds produisent des affections respiratoires (arsenic, cadmium, nickel), cardiovasculaires (arsenic), neurologique (plomb, arsenic) et des fonctions rénales (cadmium). Certains sont classés cancérigènes pour les êtres humains (arsenic, cadmium, nickel). Le mercure peut lui se déposer dans les eaux ou au sol, former de nouveaux éléments toxiques et contaminer les êtres vivants par accumulation dans l’organisme principalement par la voie alimentaire (en particulier avec le poisson).
Sur l’environnement, les particules métalliques créent des dépôts qui entrainent la contamination des sols, des eaux et de la chaîne alimentaire. Elles s’accumulent également dans les organismes vivants, en ayant un impact sur la santé de la faune et de la flore.

Quelles sont les sources ?
Les métaux proviennent majoritairement de la combustion du bois (pour le plomb, le cadmium et l’arsenic), de combustibles minéraux solides (pour l’arsenic), et peuvent aussi être émis lors de la combustion de déchets ménagers (pour le cadmium), de certains procédés industriels (par exemple l’arsenic dans la production de verre et de métaux) ou par le trafic routier (abrasion des freins). Concernant le mercure, les principaux rejets dans l’atmosphère proviennent des industries, liés à la combustion du charbon ou à l’incinération des ordures ménagères, ainsi que les crématoriums. 

Quels niveaux respirés en Île-de-France ? 

  • Plomb

Le plomb, qui a progressivement disparu des carburants à partir de 2000, a vu ses teneurs diminuer de manière très importante en 15 ans (-97 % entre 1991 et 2005). Le plomb ne représente donc plus un indicateur du trafic routier. En situation de fond, les teneurs sont, chaque année, très faibles et voisines des limites de quantification. La valeur limite et l’objectif de qualité (fixés à 0,5 et 0,25 µg/m3, respectivement) sont tous deux très largement respectés. En 2019, les concentrations moyennes annuelles en plomb sont 25 à 50 fois inférieures aux normes.

  • Arsenic

En 2019, le niveau moyen annuel d’arsenic relevé en site de fond urbain (0,22 ng/m3) est le plus faible de tout l’historique. Néanmoins, la valeur cible, fixée à 6 ng/m3, reste dépassée ponctuellement à proximité de certaines installations émettrices de ce polluant. C’est notamment le cas à proximité des usines Keraglass et Corning SAS, spécialisées dans la fabrication de verres spéciaux qui est une production industrielle émettrice de métaux lourds, et plus particulièrement de plomb et d’arsenic. Ces émissions peuvent varier fortement d’une année à l’autre en fonction des productions.

  • Cadmium

Pour le cadmium, les teneurs moyennes annuelles montrent une baisse en fond comme au voisinage du trafic routier entre 1999 et 2005. Sur la période 2008-2014, les niveaux de cadmium ne montrent pas de tendance nette. Depuis 2015, les concentrations de fond en cadmium tendent à stagner. La moyenne annuelle relevée en fond en 2019 est 25 fois inférieure à la valeur cible européenne (fixée à 5 ng/m3). Le site de Limay (industriel) présente une baisse très progressive des niveaux moyens en cadmium. Le site de Bagneaux-sur-Loing (industriel) enregistre des niveaux plutôt stables depuis 2016.

  • Nickel

Concernant le nickel, entre 2007 et 2019, les concentrations moyennes annuelles en fond sont comprises entre 2,6 et 0,9 ng/m3 respectivement, soit des teneurs de 8 à plus de 20 fois inférieures à la valeur cible (fixée à 20 ng/m3). Entre 2018 et 2019, seule la station industrielle de Bagneaux-sur-Loing enregistre une légère hausse des concentrations moyennes annuelles en nickel.

  • Mercure

Concernant le mercure, les émissions en France métropolitaine sont globalement en constante diminution depuis 1990 avec une baisse de plus de 80% pour la période 1990 - 2008. Celle-ci s'explique en grande partie par l'amélioration des performances de l'incinération des déchets, mais aussi du fait de la limitation de l'emploi de ce métal dans les piles ou de son interdiction dans les thermomètres médicaux, du fait également du tri sélectif et par de meilleures optimisations des procédés de la production de chlore. Une campagne de mesure a été menée par Airparif en 2010 autour de deux sites notablement émetteurs de ce polluant : les niveaux moyens de mercure mesurés dans l’air au cours de cette étude étaient faibles (de l’ordre de 1,7 ng/m3) et représentatifs des teneurs relevées plus généralement sur le territoire français.